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Comprendre les étiquettes : qu’est-ce que le E150d ou sulfite d’ammonium ?

Où le trouve-t-on ? Il représente 70 % des colorants caramel industriels. Pas étonnant donc qu’on le retrouve dans une large panoplie de produits : thés glacés, whisky, vinaigres balsamiques, bières ambrées, sauces soja. Un tiers des sodas de la liste collaborative Open Food Factscontiennent du colorant E150d. On n’en trouve pas dans l’alimentation bio.

A quoi sert-il ? Ce colorant alimentaire brun-gris est utilisé pour donner une couleur caramel foncé aux aliments.

Comment est-il fabriqué ? Ce « caramel » est le fruit d’une réaction chimique obtenue par l’association de sucre, d’ammoniac et de sulfites portés à haute température. Parfois, sur les étiquettes, on le présente d’ailleurs comme du « sulfite d’ammonium », au lieu de mentionner « E150d ». En chauffant, le mélange sucre et sulfites d’ammonium fabrique une substance, le 4-méthylimidazole (couramment abrégé « 4-MEI »).

Quels effets sur la santé ? Un document de l’Organisation mondiale de la santé datant de 1975 soupçonne le 4-MEI, sous-produit de l’E150d, d’être cancérogène. En 2011, l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a évalué la dose journalière acceptable (DJA) de la gamme de colorants alimentaires E150 (a, b, c et d) à 300 milligrammes par kilogramme de poids corporel par jour (mg/kg pc/jour). Une DJA nettement supérieure au niveau global d’exposition des citoyens européens. Ouf. Mais l’Etat de Californie a, lui, porté début 2012 le taux quotidien maximum de E150d acceptable à 29 microgrammes. Les industriels doivent donc mentionner la présence de 4-MEI sur les étiquettes en précisant : « Attention, ce produit contient des produits chimiques connus par l’Etat de Californie pour causer le cancer, des malformations fœtales ou d’autres troubles de la reproduction ».

Coca-cola a ensuite décidé – après des études menées par une association de consommateursdénonçant la forte teneur en 4-MEI de ses canettes de soda – de revoir sa recette aux États-Unis. Tout en assurant que ses canettes ne contenaient qu’une quantité « infinitésimale » de 4-MEI. La firme prévoit « d’étendre ce nouveau processus de fabrication dès que possible, au delà de la Californie et de l’Amérique du Nord ». Mais précise que « la seule preuve scientifique qui montrerait un lien entre le 4-MEI et la survenue de cancers est une étude très spécifique chez la souris. Toutefois, dans cette étude, un niveau d’exposition correspondant à la consommation de 2900 canettes par jour, ne provoquait pas de cancers ».

Quelles précautions d’usage ? Jean-Michel Lecerf, nutritionniste à l’institut Pasteur, à Lille, regrette que « la pression d’associations de consommateurs ait pour résultat de changer des recettes qui ne posent pas de problème pour la santé, entretenant ainsi la suspicion ». Aucune précaution d’usage à avoir, donc, si l’on reste dans la limite de la DJA, à en croire l’Efsa. Si l’on préfère s’en référer aux autorités américaines, mieux vaut limiter au maximum la consommation d’aliments qui en contiennent. Notamment les sodas qui, pour bien d’autres raisons, sont peu recommandables au quotidien.

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