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Patrick Legembre : vers la guérison du cancer du sein et du lupus ?

Créé en 1964, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vise l’amélioration de la santé humaine « par le progrès des connaissances sur le vivant et sur les maladies, l’innovation dans les traitements et la recherche en santé publique ». A titre d’exemple, l’organisme a ainsi pu identifier le virus du sida, réaliser la première fécondation in vitro, élaborer la radiothérapie contre le cancer ou encore la thérapie génique consistant à traiter la pathologie d’une personne par l’insertion de certains gènes au sein de ses cellules.
Première institution européenne académique de recherche biomédicale, seconde sur le plan mondial, l’Inserm nomme Patrick LEGEMBRE Directeur de recherche en février 2020. Titulaire de cinq brevets, membre de sociétés académiques et éditeur, découvrez le portrait d’un brillant chercheur girondin.

Parcours

 

Patrick LEGEMBRE est chercheur en médecine, spécialiste des cancers du sein et du lupus, ayant dirigé le Centre de cancer Eugène Marquis à Rennes pendant neuf ans.
Né à Bordeaux en 1974, il obtient un bac scientifique en 1992, avant de s’élever progressivement jusqu’au Master puis au Doctorat en 2002. Il poursuit ses études au sein de la prestigieuse Université privée de Chicago, où il se concentre sur les récepteurs de mort, et plus précisément sur le processus métastatique : en qualité de récepteurs cellulaires, ils provoquent la destruction de la cellule dès lors qu’ils sont activés par leur ligand, une molécule qui leur est spécifique.

M. LEGEMBRE créera par la suite plusieurs groupes de recherche à Bordeaux, Rennes puis Limoges, dans l’optique d’une meilleure compréhension du fonctionnement du CD95 (Fas), récepteur de mort responsable du développement du lupus (maladie chronique auto-immune) et des métastases dans un contexte de cancer du sein. Se démarquant de plusieurs centaines de candidats, il fera partie des trois chercheurs élus pour intégrer l’Inserm en 2006, qui l’emploie alors en tant que Chargé de recherche. Il recevra dix ans plus tard le prix Avenir Ruban Rose, et le prix Jean Valade de la Fondation de France en 2018 pour ses recherches, parmi plusieurs autres récompenses nationales.

 

Travaux

Porté par ses objectifs, il développera des molécules thérapeutiques visant à contrarier le duo récepteur CD95 (Fas) et son ligant, le conduisant à l’élaboration du médicament DB550 dont les effets se sont révélés positifs sur des souris souffrant du lupus. Cette réussite encourage le scientifique et son équipe à poursuivre leurs recherches afin d’étendre ces thérapeutiques à l’homme.

Concernant le cancer du sein, M. Patrick LEGEMBRE se concentre sur la forme la plus agressive, à savoir le triple négatif, présent dans 10 à 20% des cas. Responsable d’un taux important de rechute mais également de l’augmentation du risque de métastase, il se manifeste par une grande quantité de cl-CD95L dans le sang. Le chercheur explique ainsi que la découverte de ce marqueur permettrait un diagnostic anticipé, propre à proposer un co-traitement réducteur de ces risques associant chimiothérapie et une molécule inhibitrice du CD95.

M. LEGEMBRE nous partage ses travaux et ses recherches dans son ouvrage CD95 : Methods and Protocols, auquel s’ajoutent ses soixante-dix articles et de nombreuses autres publications dans des journaux scientifiques nationaux et internationaux. De quoi nourrir notre curiosité dans l’attente des prochaines parutions sur les travaux de ce chercheur plus que prometteur…